Route du Pays Brûlé

 

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Le village du pays brûlé

Dans mes recherches sur les ancêtres Provencher j’ai rencontré les expressions « grand brûlé », « bois brûlé », « pays brûlé ». Rappelons avant de nous égarer que notre ancêtre maternelle, Marguerite, était la fille de Sébastien Provencher. Nous avons vu dans une chronique précédente que ces expressions désignaient au début du 18ième siècle un territoire clairement délimité, situé à proximité de la rivière Champlain, donc au nord de Trois-Rivières, où a habité la famille de Sébastien Provencher à compter de 1663. 

À une vingtaine de kilomètres plus au sud, soit dans la municipalité de Yamachiche, il existe toujours aujourd’hui un autre espace territorial désigné cette fois comme « Concession du Brûlé ».

J’ai repéré un texte fort intéressant de Paul Deslauriers intitulé « Route du Pays Brûlé » sur le site de la municipalité de Yamachiche. On s’y réfère au procès-verbal du grand voyer John Antrobus daté de 1810 qui ordonne la construction « d’une nouvelle route (qui) commencera au Chemin du Roi pour arriver au chemin de Traverse dans le village appelé Pays Brûlé ».
Se basant sur l’ « Histoire de Louiseville » de Germain Lesage, Desaulniers fait remonter cette appellation du territoire à des faits historiques qui seraient survenus à la fin du 17ième siècle. À compter de 1665, selon Lesage, des soldats du régiment de Carignan se sont installés sur des terres situées le long de la Rivière-du-Loup. C’est alors la guerre entre les Français et les Iroquois qui   sont soutenus par les Anglais. Les Iroquois ont mené pendant cette période plusieurs attaques sur le territoire de la Nouvelle-France (notamment le massacre de Lachine en 1689) et il semblerait qu’en juillet 1688 le manoir seigneurial situé dans la Concession du Pays Brûlé ait été incendié. Difficile de faire la preuve de tout cela mais il appert que l’expression de « village appelé Pays Brûlé » vient de là.

La toponymie moderne

Selon la Commission de toponymie du Québec, la nomenclature géographique du Québec contient 47 noms de lieux où apparaît le mot « brûlé » (Lac Brûlé, Île Brulée, Chute du Brûlé, Rivière du Brûlé, Rivière du Bois Brûlé, etc.).
Toujours selon cette source: « Le terme « brûlé » sert à identifier un certain nombre de réalités, souvent liées au feu, à un incendie allumé soit par la nature (foudre ou autre), soit de la main de l’homme, conséquence d’un accident, d’une négligence ou d’un geste délibéré, volontaire ».
Par extension on peut lui attribuer le sens de « brulis » pour désigner une « … technique de défrichement, de nettoyage et d’amélioration du sol consistant à mettre le feu aux herbes, aux racines, aux broussailles… Les flammes ravageaient, détruisaient les arbres parfois pendant des semaines, se répandant aux forêts avoisinantes. Le « brûlé » créait du même coup une grande étendue de terres fertiles, du moins pendant les premières années de leur exploitation ».

http://www.toponymie.gouv.qc.ca/ct/ToposWeb/Fiche.aspx?no_seq=109326

Un « Grand Brûlé » près de chez moi

Un projet d’Hydro-Québec a fait couler beaucoup d’encre depuis quelques années dans ma région. Il s’agit de la prolongation d’une ligne de haute-tension à partir du poste du « Grand-Brûlé » situé dans la municipalité de Mont-Tremblant. Cette nouvelle ligne alimentera les postes de Saint-Sauveur et Doc-Grignon existants et un poste projeté à Chertsey.

Carte du tracé projeté :
http://www.hydroquebec.com/projets-construction-transport/grand-brule-saint-sauveur/docs/carte_du_trace_retenu_printemps_2015.pdf
Une vive opposition au tracé s’est manifestée dans la zone de Saint-Adolphe d’Howard, mais Hydro-Québec semble pouvoir aller de l’avant avec son projet.
Je n’ai pas trouvé d’information concernant le poste du « Grand-Brûlé, c’est pourquoi j’utilise cette photo satellite fournie par Google.

poste_grand_brule

Dernier petit détail en lien avec la toponymie du pays. Il existe un superbe sentier de randonnée pédestre au nom évocateur de « Grand Brûlé » qui part de la base et va jusqu’au sommet du Mont-Tremblant – (875 mètres).

Carte des sentiers :
https://medias.tremblant.ca/pdf/cartes/carte-sentiers-randonnee-tremblant.pdf?_ga=2.72077077.706798914.1516571185-887267559.1516571185

Bonne visite du pays.

Jacques Cotnoir
Saint-Donat (Québec)

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