Par Christian Saint-Pierre – Le Devoir, 4 décembre 2024
Née le 6 décembre 1948 à Sorel, poète, essayiste, nouvelliste et dramaturge, Louise Cotnoir est décédée lundi soir à l’âge de 75 ans.
Après avoir obtenu un baccalauréat en études littéraires à l’Université du Québec à Montréal en 1972 et une maîtrise en sciences médiévales à l’Université de Montréal en 1977, elle a enseigné la littérature au cégep de Thetford pendant de nombreuses années.
On lui doit plusieurs recueils de poésie, notamment Comme une chienne à la mort (Remue-ménage, 1987), Asiles (Remue-ménage, 1991), Des nuits qui créent le déluge (L’Hexagone, 1994), Nous sommes en alarme (Noroît, 2000) et Plus loin que mourir (Noroît, 2018). Parmi ses recueils de nouvelles, mentionnons La déconvenue (L’instant même, 1993), Carnet américain (L’instant même, 2003) et Le cahier des villes (L’instant même, 2009). En 2017, elle a publié un premier roman, aux éditions Druide, Le frère d’Antigone. Toute son oeuvre est portée par un travail élaboré sur la langue. Ses textes ont été traduits en anglais, en espagnol, en catalan, en suédois et en mandarin.
Louise Cotnoir était la femme du poète, romancier et essayiste Hugues Corriveau, collaborateur de longue date au Devoir. Ensemble, ils ont partagé une riche vie d’écriture. Les Service des bibliothèques et archives de l’Université de Sherbrooke a récemment acquis le Fonds d’archives des deux écrivains qui compte plusieurs oeuvres et une correspondance volumineuse avec plusieurs écrivains comme Anne-Marie Alonzo, ou encore Louky Bersianik.
Une féministe engagée
« Louise nous laisse une oeuvre diversifiée de plus d’une vingtaine de titres, explique l’écrivaine Louise Dupré, qui l’a beaucoup côtoyée. Marquée par une profonde conscience de la condition des femmes, de leur passé et de leur présent, de leurs douleurs et de leurs rêves, son écriture à la fois puissante et finement ciselée résonne en nous comme un cri du coeur. On ne ressort pas indemne de ses livres. »
Féministe engagée, Louise Cotnoir a été codirectrice de la revue La Nouvelle Barre du jour, membre du comité de rédaction de la revue bilingue canadienne Tessera et membre du comité de rédaction de la revue Arcade. On trouve ses textes dans de nombreuses revues québécoises, canadiennes et européennes, notamment dans Spirale, Lèvres urbaines et Estuaire.
« Louise avait une véritable passion pour la littérature québécoise, explique l’autrice et critique littéraire Vanessa Bell. Elle avait une admirable posture d’accueil et de curiosité. Elle lisait beaucoup ses contemporaines, tout ce qui se faisait en poésie québécoise. Comme poète, je la trouvais punk, avant-gardiste, portée par un élan sauvage, une noirceur lumineuse, de quoi transcender les modes et les générations. »










